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Texte de l'intervention de la CGT lors de l'assemblée générale du personnel du 24 mars 2003 |
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Bonjour,
Comme chaque année, des "négociations salariales" ou ce qui en tient lieu ont commencé au cours du mois de mars. Une prochaine rencontre est prévue pour demain et bien évidemment tous les chiffres que nous évoquerons dans cette présentation ne seront que ceux qui nous sont connus aujourd'hui. Nous allons commencer par les aspects généraux de la politique salariale de la direction et nous terminerons par les chiffres avancées pour 2003/2004. La première réunion avait pour objet l'examen des augmentations attribuées entre le 1er avril 2002 et le 31 mars 2003.
Ce bilan peut se résumer en quelques chiffres.
D'abord, pour préciser les choses rappelons que GEMS compte, à l'effectif constant, 1850 salariés. Soit 4 hommes pour 1 femme. Il s'agit là bien sûr des salariés présents entre le 1er avril 2002 et les 31 mars 2003. C'est-à-dire que la direction ne donne aucun chiffre concernant ceux qui ont été embauchés, ceux qui sont partis et ceux qui ont des contrats autres comme les prestataires ou les intérimaires mais qui ont un rôle important pour le fonctionnement de cette entreprise. D'autant que le recours récurrent aux intérimaires pour ne prendre que cet exemple est un élément important de baisse du coût du travail pour la direction puisqu'ils sont notoirement sous-payés comme le montre leur contrat de travail.
Concernant les salaires : Le salaire moyen, bien que ce chiffre ne signifie pas grand-chose car il masque une grande disparité, est de 3748 euros. Par contre, il est plus utile de savoir qu'en salaire de base brut mensuel, 7,8 % du personnel gagne moins de 2000 euros et 60 % plus de 3000 euros.
Concernant les augmentations : En 9 ans, l'individualisation a progressé de 10 % et le nombre de salariés susceptibles d'avoir une augmentation générale a diminué de moitié. Aujourd'hui, 89 % de l'effectif est totalement individualisé. L'accroissement de l'individualisation a aussi entraîné une plus grande disparité salariale. Le rapport entre le plus petit et le plus haut salaire est de 11,16 fois soit une croissance de 50% en 6 ans. Quant au maintien du pouvoir d'achat, une fois encore des salariés seront pénalisés puisque sans connaître l'indice d'augmentation des prix pour le mois de mars 2003, les chiffres de la direction montrent que plus de 17,5% des salariés n'auront pas leur pouvoir d'achat maintenu. Nous ne savons pas si la direction récompense les meilleurs comme elle l'affirme haut et fort mais qu'elle pénalise régulièrement près d'un salarié sur 5 est indiscutable.
Concernant les qualifications : Pour les mensuels, la relation entre la qualification et le salaire est de plus en plus ténue. Une meilleure qualification n'est plus le signe d'un meilleur salaire. Ainsi le salaire minimum d'un 3/3 est plus élevé que le salaire minimum d'un 4/1, d'un 4/2 et d'un 4/3.
Concernant les promotions : La direction se vente d'en avoir fait 175. Mais en fait, la moitié était automatique et obligatoire. Cette année encore, 14 cadres ont eu une promotion sans augmentation. Quant à l'augmentation de salaires associée à la promotion elle reste ridicule, tout au moins pour les mensuels, puisqu'une promotion se traduit, en moyenne, 0,9 %.de salaire en plus.
Voilà pour l'essentiel ce que l'on peut dire sur l'année écoulée.
Maintenant parlons de l'année qui vient.
Bien que ceux d'entre vous qui lisent régulièrement la presse économique le sache déjà, je tiens à informer tous les autres de cette nouvelle : la direction du trust General Electric vient d'allouer à 355 hauts cadres du groupe sous forme de bonus, de primes ou de stock options, la modeste somme de 165 millions de dollars. Ne calculez pas, cela ne fait que 465 000 dollars par individu. Malheureusement, les premières informations données par la direction de GEMS montrent qu'aucun d'entre nous fait parti des heureux élus. À l'image de bien d'autres entreprises où se déroulent en ce moment des discussions sur les salaires, notamment celles de la zone industrielle de Vélizy, la direction invoque le contexte politique et économique international, traduisez par la bourse morose et la guerre en Irak, pour préparer les esprits à des augmentations modestes. Comme si tout ceci n'était pas un prétexte, comme l'était aussi, il y a peu, les attentats du 11 septembre. D'ailleurs, l'année dernière, elle nous affirmait que les augmentations ne pourraient pas être élevées car le pôle européen était le plus mauvais des trois. Aujourd'hui, comme c'est le contraire, elle affirme pour les salaires, ne pas "vouloir se démarquer" des autres pôles. Peu lui importe l'argumentation du moment qu'elle espère qu'on y croie !
Concernant la notation : Cette année, les notes sont de retour. L'année dernière de la direction les avait mises en sommeil. Il est vrai qu'avec les différents procès intentés par des salariés d'entreprises comme IBM au sujet de la notation, GEMS avait trouvé plus prudent de suspendre ce système pour voir venir. Même si concrètement cela n'a rien changé puisque certains responsables ont continué à attribuer des notes et que tout l'édifice salarial de la direction repose sur sa volonté de diviser au maximum des salariés entre eux. Cette individualisation a progressé de 10 % en neuf ans.
Une revalorisation "douteuse" des minis : La direction veut instaurer des salaires minimaux. Mais pas pour une qualification donnée comme on pourrait normalement s'y attendre mais en fonctions de critères qui lui sont propres comme l'activité professionnelle, la filière ou d'autres subtilités qui sont totalement indépendant des études ou de l'expérience du salarié. Ainsi on voit apparaître une floraison de "salaires minis" différents qui éclatent encore plus les garanties collectives en instaurant des salaires minimaux quasiment individualisés ou peu s'en faut. Pour ne pas embrouiller la présentation, nous ne développerons pas dans le détail toutes ces mesures, mais bien évidemment nous les communiquerons à toute personne qui souhaite en prendre connaissance. Si nous devons retenir qu'une chose sur l'instauration de ces "minis", c'est qu'il ne revalorise pas grand chose. Pour les Mensuels, la direction "s'engage" à ce que le plus petit salaire de l'entreprise pour l'année qui vient ne soit pas inférieur à celui de l'année écoulée et que pour les cadres au forfait jour le salaire minimal sera certes supérieur aux plus petits des salaires des cadres Position 1 mais inférieur au salaire minimal d'un position 2. Tout un programme !
Concernant les entretiens individuels : Peu de nouveauté. Normalement, la date d'augmentation sera indiquée au cours de cet entretien mais pas le montant. Celui-ci devrait être communiqué un mois avant l'augmentation. Autant dire que cela laisse la porte ouverte à toutes les modifications. L'intervalle entre 2 augmentations demeure toujours variable entre 12 et 15 mois sauf pour les cadres 3B et 3C.
Maintenant les chiffres : Voilà pour l'essentiel, maintenant afin que cela soit plus clair, nous avons fait des planches. Pour les mensuels nous ne parlons à aucun moment de la prime d’ancienneté car celle-ci est définie réglementairement et n’a rien à voir avec la politique de la direction. De plus, lorsque la direction affirme qu’il n’y a pas de quota pour les mensuels. Prenons garde d’y croire. Car toute sa politique salariale est construite autour de sa volonté de ne pas dépenser plus que ce qu’elle a programmé. Et que pour y arriver en habillant Pierre il faut obligatoirement déshabiller Paul.
Niveau inférieur ou égal à V.1 :
Niveau V.2 et V.3
Prime d’équipe
Cadres
Egalité hommes/femmes. « Nous y répondons favorablement à expérience et contribution égales ».
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