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Notre action : Contre la discrimination par la langue Pour le respect des salariés et du Code du Travail |
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Tract distribué le 6 décembre 2004
Communiqué
du Comité d’Entreprise, du CHSCT Buc, du CHSCT Hors Buc, de la CGT et
de la CFDT
Contre la discrimination par la langue Pour le respect des salariés et du Code du Travail
Dans un message adressé à tout le personnel en date du 25 novembre 2004, la Direction prétend respecter la loi concernant l’utilisation de la langue française au travail à GEMS SCS..
Depuis plus de 6 ans, les délégués du personnel, le Comité d’entreprise et les CHSCT font état à la Direction, mois après mois, des problèmes rencontrés dans leur travail quotidien par les salariés qui ne parlent pas anglais, ou bien ne maîtrisent pas parfaitement cette langue.
Depuis plus de 6 ans également, le CHSCT hors site de Buc se fait l’écho des ingénieurs et techniciens de maintenance du Service France, qui ne reçoivent plus que des documentations techniques en anglais. Cet état de fait complique considérablement leur travail et risque de se traduire par de mauvaises exécutions, avec tous les dangers que cela peut comporter pour eux-mêmes, les patients, les utilisateurs, si une machine venait à être mal installée ou mal réglée.
A plusieurs reprises, l’Inspecteur du Travail a demandé par courrier à la direction de se mettre en conformité avec l’article L122-39-1 du code du travail qui stipule que « tout document comportant des obligations pour le salarié ou des dispositions dont la connaissance est nécessaire à celui-ci pour l’exécution de son travail doit être rédigé en français … »
Mais la Direction est toujours restée sourde à toutes ces demandes, partant du principe idéologique que dans une entreprise multinationale –quel que soit le pays - tous les salariés doivent parler anglais. Nous nous sommes même entendus répondre lors d’une réunion de Délégués du personnel en 2002 que « le pack de logiciels Microsoft en français n’existait pas » !
Chacun sait qu’il est très difficile pour ceux qui n’ont pas appris l’anglais « jeunes » ou ne l’ont pas pratiqué dans un pays anglophone d’atteindre un bon niveau de compréhension. Doit-on accepter que des personnes soient exclues de l’information, des réunions d’équipe ? Doit-on les laisser « ramer » sur des outils de travail dont elles ne comprennent pas toutes les subtilités, au risque de se voir reprocher des erreurs ? Doit-on laisser certaines d’entre elles risquer des problèmes de sécurité ? Doit-on accepter que ces personnes soient écartées de toute promotion, voire même licenciées ? N’oublions pas que 40% de l’effectif actuel de GEMS SCS sont constitués de salariés embauchés avant le rachat de la CGR par General Electric.
C’est l’attitude fermée et méprisante de la direction qui nous a amenés à introduire une action en justice. En juin 2004, après un vote de toutes les instances représentatives du personnel, nous avons déposé plainte sur le non-respect de l’Article L122-39-1 du Code du Travail et de la loi « Toubon ». L’audience a eu lieu le 23 novembre dernier et le jugement sera rendu le 11 janvier 2005.
Aujourd’hui, la direction s’indigne d’être l’objet d’une campagne de presse, mais elle ne récolte que ce qu’elle a semé par son refus d’entendre les salariés et de respecter leurs droits.
La crainte de la justice a d’ailleurs déjà porté ses fruits. Chacun a pu constater que, depuis le dépôt de notre plainte, la Direction a fait quelques « efforts » au niveau de la traduction des communications internes, des offres d’emploi internes, de la mise à disposition du pack Microsoft en français, etc. Tant mieux. Cependant de nombreux domaines restent encore dans l’illégalité, et en particulier toute la documentation technique, dont les FMI (documents techniques destinés à corriger les problèmes sur nos machines) sécurité, les descriptions de poste, etc.
La Direction qui se targue d’intégrité et de « compliance » (en français « respect des lois »), est-elle dispensée de respecter le code du travail pour des raisons idéologiques et financières ?
Pour conclure, voici ce que nous écrit un salarié de GE Healthcare Japon, après avoir lu un article dans le Japan Times et nous avoir interrogé sur notre action :
« J’ai compris que votre action n’est pas dirigée contre la langue anglaise, mais destinée à défendre des employés qui se sentent exclus ou discriminés à cause de leur mauvais anglais, ce en quoi GE est quelque peu à blâmer puisqu’elle ne fournit pas à ces employés de formation suffisante. Nous avons eu ici la même situation quand notre compagnie a été fondée, il y a 20 ans, par une fusion entre GE et Yokogawa Electric Co. Des tas de gens qui venaient de Yokogawa ne parlaient pas anglais du tout. Seule une poignée d’employés parlaient anglais. Au fil des années, les employés possédant peu d’anglais ont été forcés de quitter la compagnie, ou bien sont partis « d’eux-mêmes ». Chez nous aussi, un certain niveau d’anglais est indispensable pour avoir une promotion. »
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