Elle demande des « objectifs » de travail clairs et précis …

La Direction lui répond par le licenciement 

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             Buc ; le 20janvier 2003

 

            Tout a commencé lors du retour de congés maternité de Nathalie. Elle a privilégié son enfant et a cessé de faire des journées de travail où elle ne comptait plus ses heures comme auparavant.

            Car cette jeune cadre embauchée en mai 2001 après une mission d’intérim, a pu rapidement s'apercevoir que c’est une habitude de ne pas regarder la montre ni de compter les heures dans ce service d'OTR dirigé par. M.M.Pelon.

 

            C'est sans doute à cause de cela, que lors de son retour de maternité, son responsable M.L. Gaulhet, n’a pas hésité à exiger d’elle qu’elle travaille jusqu’à 21H le soir et chez elle, voire même lui suggérer aussi  … de rechercher un autre poste.

            Et il n’en est pas resté là. Non ! Modification de son travail, retrait de l’essentiel de la tâche pour laquelle elle a été embauchée, refus de formations, absence de réponse à ses demandes de congés, ignorance délibérée de sa présence en ne lui disant plus "bonjour".

 

            Cette situation, Nathalie la refuse. Elle lui demande une rencontre afin qu’il lui définisse des « objectifs » clairs et précis qui lui permettent de travailler convenablement. Cette demande demeure sans réponse. Elle insiste plusieurs fois ; même absence de réponse.

 

            De cette situation qu’il contribue à entretenir M.L. Gaulhet ne tire qu’une conclusion : Nathalie manque de motivation ! Voire même un "manque d'intégration à l'équipe" puisqu'elle s’est trouvée une place de travail à côté de la salle de réunion minuscule du plateau e-business où le reste de l’équipe était contraint de s’entasser dans des conditions inacceptables (que le CHSCT n’a pas manqué de relever d’ailleurs).

 

            Les demandes répétées de Nathalie auprès de son responsable finissent malgré tout par avoir un peu d’effet. Il lui confie des tâches supplémentaires. Qu’il lui retire ensuite pour lui en donner d’autres. Puis pour lui redonner celles d’avant…

            La situation est si embrouillée que Nathalie, pour éviter toute ambiguïté, est contrainte de formaliser ce qui a été dit et décidé à chaque fois par un e-mail. Ce qui n’empêche pas finalement, ce responsable, de ne plus lui confier qu’un travail symbolique.

 

            Estimant que cette situation n'est pas durable, Nathalie demande à être reçue par sa DRH, Mme D. Cassir, pour que celle-ci intervienne, joue un rôle de « médiateur » et facilite la résolution de cette situation. Nathalie estime que seuls des objectifs clairs, quantifiables, et définis dans le temps seront à même de dissiper tout malentendu.

            Le 18 décembre, Mme D. Cassir, après avoir estimé positive cette démarche organise un ren­dez-vous l’après-midi même avec le responsable du service. Mais le responsable l’annulera.

            Une nouvelle demande d’intervention auprès de la DRH sera faite pour que cet entretien ait lieu. Mais elle restera sans suite.

            Et c’est au retour de ses vacances de fin d’année que Nathalie en relevant son courrier trouve une lettre, datée du 23 décembre, la convoquant à un « entretien préalable » à un éventuel licenciement pour « motif personnel» pour le mardi 7 janvier 2003.

 

                Lors de cet entretien, les griefs formulés par la DRH ne reposent pas sur des faits concrets et sérieux. C'est d'ailleurs ce qui explique, dans un premier temps, le refus de la DRH de recevoir la lettre de Nathalie réfutant point par point les "griefs" énoncés comme elle l'avait fait lors de l'entretien.

                 

             Comment est-il possible que des demandes répétées pour travailler convenablement puissent se traduire par un licenciement ?

             Comment est-il possible d’être pénalisé pour avoir voulu se conformer à « des objectifs » que le responsable doit définir et qui ne l’ont jamais été ?

              Comment est-il possible qu’une lettre convoquant à un entretien préalable soit envoyée 4 jours après un entretien de travail que le responsable a refusé ?

 

              Cela n'a pas de sens ! Mais elle a tout de même reçu une lettre de licenciement !

 

              Cela n'a pas de sens ! Sauf si ce sont des motifs qui n'ont rien de professionnels !

 

              Tout a changé pour Nathalie à son retour de maternité. Mener de front une vie de jeune mère et de salariée à Gems sans négliger l'une au dépens de l'autre, voilà ce qui semblait impossible à son responsable hiérarchique.

              Tous ceux qui se sentent contraints en permanence de composer entre leur vie "personnelle" et "professionnelle" savent bien de quoi il retourne qu'ils aient des enfants ou pas.

C'est pourquoi le cas de Nathalie est aussi notre affaire à tous !

 

            C'est aussi notre affaire à tous, parce que la direction savait que Nathalie avait décidé, il y a plusieurs semaines, au regard de la situation qui lui était faite de participer à l'amélioration de ses conditions de vie dans l'entreprise et de celles de tous ces collègues en se présentant aux prochaines élections professionnelles sur la liste CGT.

           

 

         Nos choix de vie doivent-ils avoir l'approbation de notre responsable hiérarchique pour travailler à Gems ?

           

Derrière la situation faite à Nathalie, c'est notre situation à tous qui est visée.

 

C'est pourquoi nous devons tous être solidaires.

 

 

 
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