" Les cadres doivent être entièrement disponibles "

Article paru dans le journal "L'humanité"

Retour  Fichage de salariés

 Accueil    Contactez-nous     Rechercher sur le site     Imprimer     Ajout à vos sites favoris    Défilement vertical automatique 

 

 

 

Nathalie, trente-quatre ans, cadre, licenciée en décembre 2002 pour " motif personnel ". La vraie raison fut sa résistance aux pressions internes.

" J'ai été embauchée par GEM en janvier 2001, en tant que chef de projet. J'ai entretenu dès le début d'excellentes relations avec mes supérieurs, l'ambiance était joviale. J'ai même reçu un award (une récompense pour les meilleurs éléments), tout se passait bien, jusqu'à mon départ en congé de maternité en décembre. Quand je suis revenue au mois de juin 2002, j'ai senti que les choses avaient changé, et dans les relations avec mes supérieurs, et dans mon travail. On ne valorisait plus mes performances, j'étais marginalisée au sein de l'équipe, et les relations avec mes supérieurs étaient beaucoup plus tendues, voire glaciales. Le travail que j'avais fourni avant de partir en congé ne servait plus à rien, puisqu'il n'était pas appliqué et que personne n'avait repris le flambeau.

Il faut dire également que je n'acceptais plus de travailler près de 11 h 30 chaque jour. Du fait de ma nouvelle vie familiale, et puisque mes horaires étaient souples, j'avais réduit à 9 heures par jour. On m'a alors regardée différemment : cela a choqué que j'ose partir à 17 heures tous les jours. Dans l'entreprise, ça ne se fait pas. Les cadres doivent être entièrement disponibles pour GEM. Je me suis rapidement rendue compte de la situation et, au bout d'un mois, j'ai sollicité un entretien avec mon supérieur. Cela n'a pas débouché sur grand-chose.

J'ai refusé de me laisser faire et je me suis syndiquée en juillet. Mes supérieurs l'ont su car j'étais candidate aux élections professionnelles. La discrimination syndicale est alors apparue.

En décembre, on m'a licenciée pour " motifs personnels ", justifiés par une baisse de performances et des insuffisances. On me reprochait notamment d'avoir doublé une ligne de tableau de fichier informatique, et autres futilités.

J'ai alors engagé une procédure aux prud'hommes pour licenciement abusif. Le jugement aura lieu à l'automne.

Si vous n'êtes pas dans l'esprit de l'entreprise (c'est-à-dire accepter d'être corvéable à merci), la direction vous met sur la sellette et vous pousse à partir de vous-même. Mon départ en congé de maternité a sans doute été jugé précoce. Mais, d'un autre côté, je n'ai pas été augmentée pendant mon congé, comme cela aurait dû se faire. Je ne suis pas la seule dans cette situation, puisque le fichier discriminatoire qui a été découvert évoquait le licenciement d'une autre femme de retour d'un congé de maternité. À cela s'est ajouté le fait que je me défende et que je me sois syndiquée. "

Propos recueillis par S. L.-H.

 

 

Retour en haut de page